Fantasia bucolica pour alto et orchestre de chambre (op. 13f, 1956)
Alto et orchestre de chambre (1.1.2.1-1.1.0.0-percussions, harpe, cordes)
Durée: 6 minutes
Hans Hasselmann | Petit orchestre de variétés de la SWF | Willi Stech
Titre : Fantasia en ré pour alto + petit orchestre - Volume : 50 pages - Date : 20 août 56 - Lieu de conservation : Bayerische Staatsbibliothek München
Schott Music partition et voix : matériel de prêt, réduction pour piano : VAB 92 / ISMN : 979-0-001-16435-1
D’une durée d’environ six minutes, cette Fantasia constitue un enrichissement précieux pour le répertoire concertant de l’alto. Dans l’Andante d’introduction, l’alto entame une partie chantante à jouer « librement », accompagnée par l’orchestre avec des arpèges. Ensuite, l’interaction entre le soliste et l’orchestre s’intensifie, créant une tension de plus en plus forte et donnant naissance à un son extrêmement expressif, enrichi de dissonances. S'ensuit alors une mélodie élégiaque, libre et sans accompagnement, jouée par l'alto, qui, par un ritardando, mène à l'Allegro. Cet Allegro s'inscrit dans la tradition de Hindemith par son caractère dynamique : un jeu de mouvements et de rythmes, plein d’esprit, ponctué de dialogues surprenants entre l’orchestre et le soliste, entrecoupé de motifs mélodiques expressifs, de changements de rythme marqués par des accents et d’une dynamique variant à intervalles rapprochés. À la fin, Hummel ramène la musique à l’Andante et à un jeu libre de l’alto solo dans une cadence de concerto entièrement composée.
La Fantasia reste tonale, elle est centrée sur la note ré. Mais sa sonorité s’élargit et dépasse les limites d’une harmonie tonale, intégrant des dissonances pour intensifier la tension et l’énergie. Issue de l’école de Genzmer, cette œuvre séduit par la solidité de son savoir-faire, qui se manifeste notamment par le fait qu’elle a été composée à partir d’une connaissance approfondie de la technique d’interprétation et des possibilités sonores de l’alto. Avec l’orchestre, il en résulte une interaction aux multiples facettes, allant d’un accompagnement discret à une densité polyphonique.
L’édition clairement structurée des éditions Schott, comprenant la partie solo et la réduction pour piano de Cornelius Hummel, est parfaitement adaptée à l’étude et au concert. Pour les élèves avancés et les étudiants, la Fantasia constitue une initiation à la musique contemporaine exigeant une musicalité de très haut niveau. Lors d’une interprétation en concert, elle permet d’exploiter de nombreux registres du jeu soliste à l’alto et donne lieu à un dialogue passionnant et expressif entre le soliste et l’orchestre. Un enrichissement important du répertoire pour alto.
Franzpeter Messmer
Behr, Wolfgang Martin: Das kleine Unterhaltungsorchester des Südwestfunks unter der Leitung von Willi Stech. Untersuchungen zur Aufgabe und Bedeutung eines Rundfunkorchesters (1992). Imprimé : Baden-Baden 1994 (= Südwestfunk, Schriftenreihe Rundfunkgeschichte, Band 3).
La « Fantasia bucolica » pour alto et orchestre de chambre, op. 13f, a été composée en 1956 à la demande du « Kleines Unterhaltungsorchester » de la Südwestfunk de Baden-Baden. La même année, elle a également été enregistrée pour la SWF à Fribourg avec cet orchestre et le soliste Hans Hasselmann, sous la direction de Willi Stech. Cette pièce de concert concise s'ouvre sur une introduction rêveuse de l'alto solo, débouche sur une partie centrale virtuose, puis revient aux sonorités du début pour s'achever. On remarque d'emblée l'utilisation variée des percussions dans l'instrumentation de l'orchestre.