Jürgen Schmitt
*1954
Jürgen Schmitt à propos de Bertold Hummel
Lorsqu’une personne aussi estimée que Bertold Hummel a franchi le seuil de la mort, on se met à réfléchir : quand et où ai-je pu m’entretenir avec lui pour la dernière fois ? Quelles de ses idées ont pris racine en moi ? Ou encore : à quel stade de son parcours se trouvait-il en dernier lieu et qu’est-ce qui l’attend désormais ?
La pièce pour piano Nachklang a été entièrement créée à partir de la plongée dans la dynamique de ces questions et de ces réflexions ; et il m’est apparu que la rencontre avec sa personnalité pouvait faire naître beaucoup de choses tournées vers l’avenir et empreintes d’imagination.
Alors que nous avions encore récemment pu débattre de Sur Incises de Pierre Boulez avec admiration d’un côté, et avec une critique restrictive de l’autre ; ici, j’ai pu avoir l’impression qu’il voyait, pour lui-même personnellement, et au-delà dans l’analyse de la situation historique générale, un moment de renouveau et de renouement avec des dimensions longtemps enfouies et fermées des possibilités de création musicale.
Que la Beta-Sonata figure ici comme ma contribution à un domaine de la musique contemporaine pour lequel Bertold Hummel avait des projets très concrets en tête : la musique électronique. Nous avions déjà effectué une visite des lieux à l’église universitaire, pour laquelle il avait commandé une œuvre pour chœur, orchestre et divers solistes avec une électronique flexible, utilisant des dispositions spatiales « à plusieurs chœurs » (électroniques). Il m’avait envisagé comme conseiller et collaborateur pour les aspects électroniques de sa composition. Malheureusement, le projet n’a jamais abouti.