Quattro Pezzi pour percussion solo (op. 92, 1990)
pour Peter Sadlo
I. Prologue, II. Allegro con brio, III. A la Sarabande, IV. Vivace
Vibraphone, petite caisse, 2 bongos, 2 toms, grosse caisse, tambour de basque, 2 tambours en bois, 5 log-drums, 5 templiers, 4 cymbales suspendues, 1 cymbale à rivets, 1 gong, 1 tam-tam, 2 crotales, 1 gong d'opéra chinois avec glissando ascendant, 1 triangle, 2 cloches de vache, 1 vibraslap
Durée: 18 minutes
Peter Sadlo
Zimmermann Musikverlag Frankfurt ZM 30200 / ISMN : M-010-30200-3
Bertold Hummel (né en 1925), longtemps président et professeur de composition à la Hochschule für Musik de Würzburg, a très vite découvert, dans sa quête du "son de notre temps", le potentiel sonore intact et quasiment inépuisable des percussions pour ses compositions. C'est ainsi que l'on trouve dans son catalogue d'œuvres, entre autres, des compositions pour percussions aussi exemplaires que Fresques 70 pour quatuor de percussions, 5 scènes pour deux percussionnistes, Aspects pour trois percussionnistes, le Concerto pour percussion et orchestre et Quattro Pezzi pour percussion solo. L'œuvre pour soliste est certainement un défi conséquent pour Hummel, et il a donc composé pour les instruments solistes les plus divers, comme par exemple l'orgue, le piano, la flûte, le saxophone ou le tuba. Afin d'introduire dans son métier de compositeur pour instruments à percussion les différenciations spéciales et les liens entre les nouvelles techniques de jeu, les nouveaux timbres et la virtuosité réalisable, Hummel s'est créé les conditions nécessaires en collaborant et en correspondant avec des solistes expérimentés et engagés. Il est ainsi en mesure, comme peu d'autres compositeurs, de prescrire une combinaison des différents instruments de percussion pour chaque joueur, afin de créer de nouvelles images sonores intéressantes par la superposition des différents matériaux et sons. Dans l'œuvre solo Quattro Pezzi, Hummel a regroupé en 1995 autour des "instruments de percussion classiques" comme le vibraphone, le petit tambour, les toms et les cymbales, une série d'"instruments exotiques" comme le gong d'opéra chinois, les cowbells, les crotales et les log-drums.
Malgré leur caractère indépendant, les quatre mouvements forment une unité de composition, car la relation des mouvements entre eux trouve son équivalent dans une conception de grande forme des mouvements individuels. Dans le 1er mouvement (prologue), les différentes formes sonores des gestes multiples sont déterminées par le vibraphone et les diophones métalliques cymbales, gong et crotales. Dans le 2e mouvement (Allegro con brio), le son des instruments à peau domine, tandis que les sons de métal et de bois, interrompus par deux passages au vibraphone, complètent le cadre toccata du mouvement. Dans le 3e mouvement (A la Sarabande), le ou la soliste a l'occasion d'explorer les possibilités sonores et de jeu du vibraphone avec une mélodie ample sur un rythme de sarabande. Le quatrième mouvement (Vivace) est centré sur un épisode de marche collagénique et chaplinesque, qui est - de manière assez inhabituelle - confié au vibraphone, avant que de brèves citations des mouvements précédents ne viennent conclure efficacement l'œuvre par une stretta.
Ce qui est impressionnant dans cette œuvre, c'est qu'en plus de la dimension temporelle et de l'accentuation rythmique, Hummel a mis l'accent sur le spectre sonore de la percussion. Il est en outre louable que le compositeur ait fait précéder ce solo dédié à Peter Sadlo d'une tablature claire, qui facilite considérablement l'étude de cette œuvre très exigeante par l'interprète.
Siegfried Fink
Qui peut se soustraire aux finesses du "Quattro pezzi" de Hummel ?
Peter Sadlo a eu ici amplement l'occasion d'étaler son grand répertoire de jeu et de percussion. Deux mouvements vivaient surtout de combinaisons sonores attrayantes et de contrastes entre les différents instruments de la percussion, deux mouvements mettaient le rythme au premier plan. Le public était ravi.
Dans le "Quattro pezzi" de Hummel, 28 instruments à percussion sont exploités de manière fascinante sur le plan sonore.
Les Quattro Pezzi ont été créés en 1990 pour Peter Sadlo.
Autour de l'instrument solo, le vibraphone, se regroupe un ensemble d'instruments de percussion différenciés.
Dans le prologue (I), ce sont surtout des sons de vibraphone et de métal qui déterminent les différentes formes sonores des gestes invocateurs.
L'Allegro con brio (II) offre aux sons de peau, de bois et de métal un cadre toccata dans lequel sont intégrés deux passages solistes du vibraphone, une mélodie rappelant le jazz sur une figure ostinato implacable se faisant particulièrement remarquer.
A Ia Sarabande (III) : Une fantaisie en plusieurs parties partant du rythme de la sarabande donne à l'interprète l'occasion d'explorer pleinement le son du vibraphone.
Vivace (IV) : au centre de ce mouvement final virulent et virtuose se trouve un épisode de marche qui, d'une part, est détourné jusqu'au grotesque et, d'autre part, reçoit également une interprétation hymnique. Après le retour varié du début du mouvement, une séquence de notes du prologue est brièvement citée dans la coda, après quoi une stretta conclut l'œuvre de manière efficace.
Bertold Hummel
Les possibilités de l'instrumentarium sont explorées dans quatre mouvements de structures très différentes : Vibraphone, petite caisse, 2 bongos, 2 toms, grosse caisse, tambour de basque, 2 tambours en bois, 5 log-drums, 5 templiers, 4 cymbales suspendues, 1 cymbale à rivets, 1 gong, 1 tam-tam, 2 crotales, 1 gong d'opéra chinois avec glissando ascendant, 1 triangle, 2 cloches de vache, 1 vibraslap.
Dans le prologue (I.), on utilise presque exclusivement des sons métalliques qui se regroupent autour de l'instrument principal, le vibraphone. Seule l'utilisation à 3 reprises de 5 Templeblocks propose des sons de bois. Après plusieurs gestes invocateurs insistants, un certain apaisement s'installe dans la "section dorée" du mouvement, qui fait la transition avec le climat initial avant qu'un canon rythmique entre templeblocks et triangle ne vienne clore le prologue.
L'Allegro con brio (II.) s'ouvre sur des mouvements marqués et pulsés d'instruments à peaux et à bois, auxquels s'ajoutent avec parcimonie des sons de cloches de vaches, de triangles et de cymbales. Sur une figure de basse ostinato à deux temps, qui retentit 28 fois, se développent des épisodes rappelant le jazz dans la voix supérieure (tous deux exécutés au vibraphone). Après un point culminant atteint, le début du mouvement est repris dans une métamorphose élargie. Dans une 4e section, le vibraphone revient au premier plan. Peu avant la fin, un nouveau point culminant dynamique est atteint, suivi d'une coda courte et amusante qui reprend le caractère du début du mouvement.
A la Sarabande (III). Le rythme typique de la danse populaire originaire d'Espagne détermine pendant une grande partie de ce mouvement calme, principalement consacré au vibraphone et à ses possibilités sonores et techniques. On pourrait parler d'une forme d'archet A-B-C-B-A, le rythme sarabande étant présent sous A et C, tandis qu'une métrique variable (3/4,5/8,7/8,2/4) s'impose sous B. La"sarabande" s'éteint avec de délicats sons de cymbales à l'extrême pp.
Un motif de tambour ouvre le mouvement final Vivace (IV). Des croches lancinantes et de fréquents changements de mesure sont significatifs de cette première partie de mouvement turbulente. Le vibraphone, jusque-là absent, esquisse pendant 11 mesures un épisode de marche, qui est par la suite de plus en plus altéré jusqu'à un double tempo ; la marche, reprise plus tard, prend alors un tour pathétique vers le maestoso. Le motif initial du tambour introduit un développement de la première partie du mouvement. La reprise d'une séquence de vibraphones du prologue sert de pont vers la coda. La fin turbulente et tourbillonnante est "sans vibraphone".
L'œuvre a été composée à l'instigation du virtuose de la percussion Peter Sadlo et lui est également dédiée.
Bertold Hummel