Métamorphoses pour guitare (op. 37, 1969/1978/1990)
I. Rezitativ, II. Intermezzo, III. Mélancolie, IV. Finale
Guitare
Durée: 8 minutes
Jürgen Libbert
N. Simrock Berlin-Londres (Boosey & Hawkes) ISMN M-2211-0858-6
Erreur d'impression : p. 7 : 1ère ligne : les 32èmes de sol à ré dièse doivent être des 64èmes | 2ème ligne, 2ème mesure : les 16èmes de la voix inférieure doivent être jouées staccato.
p. 8, 4e ligne, accord sur l'avant-dernière croche : note la plus haute la au lieu de la.
Première édition : N. Simrock Hambourg-Londres 1975
Le compositeur de Würzburg Bertold Hummel a écrit ses quatre mouvements Metamorphosen en 1969 et les a dédiés au guitariste Siegfried Behrend. Hummel n'utilise pas la technique dodécaphonique au sens strict de Schönberg, mais plus librement, un peu comme Alban Berg le faisait. Hummel se permet donc de recommencer une série - chaque mouvement a la sienne, apparentée aux autres - avant même d'avoir utilisé tous ses tons. Les changements de ton, les fragmentations et les répétitions sont typiques de son utilisation des séries dodécaphoniques, de sorte que des champs de tonalité apparaissent. Le titre Métamorphoses décrit un principe originel de toute composition, et même de tout art : celui de la transformation, du changement.
Le premier mouvement, Récitatif, présente une métamorphose pour ainsi dire fondamentale - celle d'un son unique qui, au début, est mis en mouvement, se charge d'abord d'énergie pour ensuite parcourir l'espace sonore. En partant de la note mi - à cause de l'accordage, le mi est le centre de gravité du son de la guitare - le récitatif conquiert peu à peu tout l'espace tonal pour, au bout d'un tiers environ, avoir joué au moins une fois les douze notes d'une octave avec les aigus saillants "mi" et "des", et avoir ainsi fixé les grandes lignes de la série. Les possibilités de jeu de la série sont ensuite vérifiées morceau par morceau. Les trois dernières mesures sont une quintessence. En dessous du mi'(la note sur laquelle la première corde est accordée), la série complète se déroule. Ainsi se présente encore une fois toute la réserve de sons dont dispose le compositeur.
L'indication d'exécution "burlesque" du deuxième mouvement, l'intermezzo, n'indique pas seulement à l'interprète comment il doit jouer ce morceau, elle caractérise également le morceau en trois parties (A-B-A') lui-même. Le burlesque est au moins de quatre ordres : les larges sauts d'intervalles de la série, l'appel du coucou (les notes 6, 7, 8 et 4 de la série de renversements), la série torsadée avant l'accord final et le fait que la série apparaît le plus souvent comme un renversement, c'est-à-dire la tête en bas.
Le troisième mouvement, Melancolia, ressemble à une réminiscence des chansons pour luth. Une mélodie ornée de gammes se déploie sur des séries de notes réunies en accords.
Le final, un morceau de gorge motorisé, est déterminé par une série de huit notes. L'intervalle principal est la seconde. Hummel en fait, par des répétitions parfois excessives, une sorte de mouvement pendulaire, qui va à l'encontre de l'impulsion qui s'impose : Le morceau fait du surplace, semble s'enliser - puis se relâche brusquement. Ce n'est pas autrement, de cette manière très particulière de se déplacer, que le final atteint l'accord final. Cette fois, la tension se relâche si soudainement que la série (inversée) dégringole la tête la première vers le la, la note fondamentale. Un accord de la majeur s'y rattache aussitôt : Un éclat tonal ininterrompu - c'est la petite surprise de Bertold Hummel pour finir en beauté.
Thomas Wirth (dans le livret du CD "Metamorphosen - Kurt Hiesl, Gitarre", AHO-Recording 1997)
Préface (de la nouvelle édition chez Simrock)
Bertold Hummel a écrit les Métamorphoses pour guitare, op. 37 en 1969 à l'instigation du guitariste Siegfried Behrend et s'est ainsi penché pour la première fois de manière intensive sur les possibilités sonores de cet instrument dans sa vaste œuvre.
Dans quatre mouvements aux caractéristiques différentes, il transforme - conformément au titre - la série de douze sons donnée à chaque mouvement de manière libre, de sorte que des champs de tonalité apparaissent sans cesse grâce à des changements de ton, des fragmentations et des répétitions. La beauté du son et les processus musicaux compréhensibles sont au premier plan de l'idée de composition.
La présente édition résume toutes les modifications apportées par mon père depuis la première impression en 1975, à la suggestion d'Anton Stingl (1978) et de Siegfried Behrend (1990) et sur la base de sa propre expérience de deux œuvres ultérieures pour guitare écrites en 1985 et 1990 (Konzertante Musik für Gitarre und Streichquartett bzw. Streichorchester op. 89a/b et Phantasus - Liederzyklus nach Arno Holz op. 93).
Martin Hummel