Suite pour clarinette en si bémol seule (op. 26a, 1963)
I. Invocation, II. Interludium, III. Mélodie, IV. Marche grotesque, V. Tarentelle
clarinette en si bémol
Durée: 11 minutes
Ernst Flackus
Titre : Suite pour clarinette i.B solo 1963/64 - Volume : 10 pages - Datation : II. 2.Aug.63 - Lieu de conservation : Bayerische Staatsbibliothek, München
N. Simrock Hamburg-London (Boosey & Hawkes) ISMN M-2211-1254-5
Après les pièces pour clarinette seule d'Igor Stravinsky, une multitude d'œuvres pour clarinette seule sont apparues sur le marché ces derniers temps. Peu de compositeurs ont toutefois réussi à atteindre l'originalité du grand modèle, et on peut même aller jusqu'à dire que la plupart des pièces pour soliste ne sont devenues que des études musicalement intéressantes. La suite pour clarinette seule créée en 1963 par Bertold Hummel, né en 1925 et actuel président du conservatoire de Würzburg, constitue donc une exception qu'on ne saurait trop apprécier. Hummel s'en sort sans artifices modernes, c'est-à-dire qu'il ne construit pas son œuvre sur de nouvelles sources sonores, dont la seule découverte sert aujourd'hui de légitimation à la création d'une composition pour de nombreux compositeurs, qui ont totalement perdu les notions de thème ou de mélodie. Hummel a créé une suite que des critiques peu favorables pourraient qualifier de conservatrice, mais qui, par son honnêteté envers le rythme et la mélodie, devrait faire son chemin même à l'époque où les critères musicaux n'existent plus.
Dieter Klöcker
Clarinette (cor de basset, clarinette basse) Instrument unique Répertoire des œuvres d'Opus Œuvre instrumentale
L'œuvre, écrite en technique modale, exploite habilement les possibilités de l'instrument du point de vue du son et de la technique de jeu virtuose. Le mouvement Marche grotesque doit être interprété comme une parodie. Le cinquième mouvement Conclusion, prévu à l'origine et encore joué lors de la création, a été remplacé par la tarentelle dans l'impression.
Bertold Hummel (esquisse de texte, env. 1972)
Avec la Suite pour clarinette seule op. 26a - construite en cinq mouvements avec Invocation, Interludium, Melodia, Marche grotesque et Tarentelle - Hummel inaugure d'ailleurs toute une série de pièces pour clarinette. Avec la bizarre Marche grotesque, il critique le militarisme et se libère de la stigmatisation du jeune participant à la guerre. Tout à fait dans l'esprit d'un humour à la Hindemith, il tourne en ridicule le pas de paradoxe de la soldatesque et nous laisse entrevoir ce qui prendra forme plus tard dans la pièce anti-guerre "Die letzte Blume".
Klaus Hinrich Stahmer (dans "Kammermusik als persönliches Bekenntnis" Tutzing 1998)
La pianiste Françoise Deslogères (1929-2020), qui a travaillé à partir de 1957 avec l'inventeur Maurice Martenot et sa sœur Ginette Martenot sur l'instrument électronique Ondes Martenot, a joué "Interlude et mélodie" de la Suite op. 26a de Hummel sur Ondes Martenot en mai 1969 lors de représentations à Paris et à Bordeaux.