Jour d'automne (Rainer Maria Rilke) pour voix moyenne et piano (op. 71c, 1980)
Wolfgang Osthoff pour son 60e anniversaire
Voix moyenne, piano
Durée: 3 minutes
Martin Hummel | Thomas Hitzlberger
Titre : Jour d'automne (R. M. Rilke) - Volume : 4 pages - Datation : 25 oct. 80 - Lieu de conservation :
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Herbsttag
Herr: Es ist Zeit. Der Sommer war sehr groß.
Leg deinen Schatten auf die Sonnenuhren,
und auf den Fluren laß die Winde los.
Befiehl den letzten Früchten voll zu sein;
gieb ihnen noch zwei südlichere Tage,
dränge sie zur Vollendung hin und jage
die letzte Süße in den schweren Wein.
Wer jetzt kein Haus hat, baut sich keines mehr.
Wer jetzt allein ist, wird es lange bleiben,
wird wachen, lesen, lange Briefe schreiben
und wird in den Alleen hin und her
unruhig wandern, wenn die Blätter treiben.
Rainer Maria Rilke
Jour d'automne
Seigneur : C'est l'heure. L'été fut très grand.
Mets ton ombre sur les cadrans solaires,
et dans les champs, laisse aller les vents.
Ordonne aux derniers fruits d'être pleins ;
Accorde-leur encore deux jours plus au sud,
Pousse-les vers la perfection et chasse-les.
La dernière douceur dans le vin lourd.
Celui qui n'a pas de maison maintenant n'en construira pas une autre.
Celui qui est seul maintenant, le restera longtemps,
veillera, lira, écrira de longues lettres
et ira de-ci de-là dans les allées
erreront, inquiets, quand les feuilles dérivent.
Rainer Maria Rilke
Écrit en 1987 à l'occasion du soixantième anniversaire d'un ami musicologue sur un poème de Rainer Maria Rilke, Herbsttag (Jour d'automne ) confère à ce thème, si central pour Hummel depuis les lieder de Storm, une autre empreinte caractéristique. Son ambivalence(Befiehl den letzten Früchten voll zu sein) se reflète musicalement dans les notes transversales et l'oscillation entre majeur et mineur qui y est liée. Mais les tierces et les sixtes douces, plutôt rares chez Hummel, entrent également en jeu. Le compositeur parvient à regrouper les strophes croissantes de Rilke (3, 4 et 5 vers) dans leur dynamique formelle et thématique sous un grand arc musical. Le point culminant est la fin de la deuxième strophe, c'est-à-dire le seul vers que Hummel répète : Die letzte Süße in den schwerten Wein. Dans son large séquençage (dérivé mélodiquement de la tournure " südlichere Tage" entendue peu avant), il s'agit d'un des passages où les qualités mélodiques des lieder de Hummel se manifestent de manière particulièrement impressionnante.
Wolfgang Osthoff (in "Zu den Lieder Bertold Hummels" Tutzing, 1998)