11 Haiku pour chœur mixte et vibraphone (op. 41b, 1973)
1. la lune de printemps (Hotta Bakusui 1720-1783), 2. le papillon (Taniguchi Buson 1715-1783), 3. la branche de fleurs de prunier (Sumi Taigi 1709-1772), 4. le rossignol captif (Sumi Taigi 1709-1772), 5. l'enfant égaré (Yoshida Ryusui), 6. le petit garçon (Yoshida Ryusui). Un jour nuageux (Kusakabe Kyohaku mort en 1698), 7. Petits moustiques (Matsuo Basho 1643-1694), 8. Le Mont Fuji sous la pluie (Matsuo Basho 1643-1694), 9. Tempête d'automne I (Toyoma Rogetsu 1666-1751), 10. Tempête d'automne II (Morikawa Kyoroku 1652-1715), 11. Vers de la mort (Mme Chine)
Chœur mixte à quatre voix, vibraphone
Durée: 15 minutes
Chœur de chambre du Conservatoire de Würzburg | Juan Chavez | Josef Trompke
Schott Music SKR 20068 / ISMN : 979-0-001-17869-3
Première édition : Anton Böhm & Sohn, Augsbourg 1997
Hotta Bakusui 1720-1783
Pleine lune de printemps
et les gens demandent encore :
Homme, qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
Taniguchi Buson 1715-1783
Vitesse du soleil de midi,
sur la cloche du temple dort
doucement un papillon.
Sumi Taigi 1709-1772
"Ce n'est pas permis",
dit-il en me cueillant
un rameau de fleurs.
Sumi Taigi 1709-1772
Tout haut, comme s'il voyait sa
cage ne voit pas les barreaux, chante
le rossignol se met à chanter.
Yoshida Ryusui
L'enfant égaré pleure
et pleure et cherche à attraper
Un ver luisant quand même.
Kusakabe Kyohaku mort en 1698
Un jour nuageux,
au lieu du soleil, les fleurs brillent
Aujourd'hui, les fleurs de cerisier.
Matsuo Basho 1643-1694
Dans l'ermitage de mon
les moustiques sont petits et silencieux,
Je n'ai rien d'autre.
Matsuo Basho 1643-1694
Même les jours où la brume de pluie
recouvre le mont, il reste
magnifique.
Toyoma Rogetsu 1666-1751
Comme la tempête d'automne gronde !
mais haut dans le ciel, des nuages
restent immobiles.
Morikawa Kyoroku 1652-1715
Oh, tout d'abord
la tempête d'automne a soufflé
vient d'abattre l'épouvantail.
(Mme Chine)
Comme il s'embrase vite,
Comme il s'éteint vite à nouveau,
La lumière du scarabée de feu.
Les traductions du japonais vers l'allemand sont réalisées par Gerolf Coudenhove.
Il s'est avéré de manière frappante à quel point le compositeur de Würzburg sait développer des structures modernes sur la base de formes traditionnelles, sans avoir à brandir le marteau atonal, précisément dans ces courts tableaux qui exigent une écriture extrêmement concentrée. L'ambiance et l'expression de chaque phrase sont parfaitement adaptées, lorsque l'univers sonore de Hummel reproduit par exemple un poème lyrique tout en retenue tel que"Das Kind weint und weint, und hascht einen Glühwurm doch" (L'enfant pleure et pleure, et cherche un ver luisant).
Nouvelles partitions revues par Max Nyffeler.
Style, caractère général : Miniatures chorales variées sur des poèmes haïkus traditionnels, la plupart datant des 17e/18e siècles.
Forme, structure: dans une tonalité élargie, principalement syllabique avec des éléments polyphoniques. Le vibraphone entoure et soutient la phrase vocale.
Notation, durée, difficulté : Notation traditionnelle, env. 15 minutes, plutôt facile.
Commentaire : La combinaison insolite chœur plus vibraphone crée une atmosphère légère et planante.
Le haïku - triptyque de 17 syllabes (5-7-5) - cette forme la plus courte de la poésie mondiale, originaire de Chine, constitue l'apogée de la poésie japonaise. Partant de l'aspect ludique, il atteint une profondeur mythaphysique qui n'est généralement que suggérée. Des poèmes mis en images ont donné l'impulsion à la composition des 11 haïkus pour chœur mixte et vibraphone. La brièveté et la concision des poèmes exigent une concentration maximale de la part de la composition. La triplicité temps-lieu-sens que transmet le haïku ne devrait pas être traduite en pensée, mais - comme le dit Helwig - le poème devraitêtre "post-silencieux".
Bertold Hummel
L'art poétique japonais du haïku m'a intéressé bien avant la composition de mon op. 41b. La brièveté poétique et la concision des images dans ces séquences de mots de 17 syllabes me fascinaient extraordinairement. En 1973, j'ai enfin trouvé une traduction adéquate des textes des haïkus, que j'ai d'abord composés pour chœur a capella. En 1988, à l'occasion de la semaine japonaise de Würzburg, les 11 haïkus ont reçu leur forme et leur version définitives pour chœur mixte et vibraphone.
Bertold Hummel (31 mars 1993)