Adagio "In memoriam Anton Bruckner" pour grand orchestre (op. 91b, 1989)
3.3.3.3 - 4.3.3.1 - timbales, percussions <3> harpe, cordes
Durée: 10 minutes
Orchestre Bruckner de Linz | Ingo Ingensand
Titre : Adagio f. gr. Orchester in memoriam Anton Bruckner op. 91b - Volume : 29 pages - Datation : Großgmain août / septembre 92 - Lieu de conservation : Bayerische Staatsbibliothek, München
Schott Music
En guise d'introduction, l' adagio "in memoriam Anton Bruckner" pour grand orchestre opus 91b de Bertold Hummel a directement introduit la symphonie suivante. Il est frappant de constater que Hummel est un excellent artiste en matière d'orchestration et qu'il maîtrise parfaitement le langage musical de Bruckner. Les idiomes brucknériens résonnent, mêlés à l'écriture propre à Hummel, un petit chef-d'œuvre qui n'a pas besoin de rester dans l'ombre de Bruckner. C'est de la musique symphonique, avec de subtiles subtilités. Hummel laisse même entendre une sorte de mélodie de Tristan (pour Bruckner, Wagner était le Dieu de l'amour sur terre), à l'unisson bien sûr, et les éruptions typiques se neutralisent également dans l'adagio de Hummel en un tranquillo qui s'écoule tranquillement.
L'Adagio in Memoriam de Hummel est un assemblage et un traitement denses de motifs de Bruckner, avec une réflexion sur le message musical de Bruckner qui semble émotionnellement autonome.
Erwin Horn m'a donné l'idée d'orchestrer le deuxième mouvement de ma fantaisie pour orgue op. 91a. Le travail a naturellement entraîné des modifications et des extensions qui ont abouti à la présente version orchestrale.
Les quatre premières notes de l'adagio de la 9e symphonie de Bruckner jouent un rôle privilégié au cours du mouvement, tant sur le plan linéaire qu'harmonique. Une suite d'accords de 4 mesures, de type choral, que j'ai écrite à l'âge de 8 ans après avoir écouté une symphonie de Bruckner, forme le contraste aussi bien dans le pp que sur le point culminant d'une passacaille de 20 mesures dont la suite de basses a été obtenue à partir d'un 3e thème. La syntaxe située dans la "section dorée" du mouvement (mesure 93 sur 142 mesures) est brusquement interrompue. Il s'ensuit une phase de piano de 10 mesures. La ligne de choral est brusquement reprise en tutti et à nouveau interrompue. Un retour au 3e thème, inspiré de la gestuelle de Bruckner, et la dernière citation contenue du"choral" forment le pont vers la coda. Au-dessus de la note de maintien e', différents éléments constitutifs du mouvement résonnent encore une fois. Cet adagio s'éteint dans le pp extrême.
L'œuvre a été composée en septembre 1992.
Bertold Hummel
L'idée du choral dans l'adagio "in memoriam Anton Bruckner" mérite une attention particulière. Elle sonne comme si Bruckner l'avait inventée - ppp misterioso - et pourtant, elle est née de la plume d'un garçon de huit ans, Bertold, qui, sous l'impression de la Troisième Symphonie de Bruckner, rentra chez lui et décida de devenir compositeur. La première chose qu'il coucha sur le papier fut cette audacieuse idée de choral, qui trouve aujourd'hui son accomplissement dans sa fantaisie brucknérienne.
L'hommage au maître de Saint-Florian culmine avec ce choral, après une montée en puissance de grande envergure, dans toute la force de l'orchestre.
Erwin Horn